

« Un soir de déluge, Ethan et Lily se rencontrent au bord d’un chemin au fin fond du Colorado. Que font-ils là ? Pourquoi ont-ils la sensation de déjà se connaître depuis longtemps ? Une fois à l’abri de la tempête, parviendront-ils à surmonter leurs blessures profondes ? » « Amour, donne-moi ta force, et cette force me sauvera. » William Shakespeare
Colorado. La fille. Le garçon. Les lignes.
— Je sais que tu es née un sept mars, mais de quelle année je l’ignore, me dit-il. Je sais aussi que petite tu aimais boire les gouttes de rosée à même les feuilles, que tu cueillais des coquelicots et que tu t’en faisais des couronnes, que tu dévorais les framboises de ton jardin, et qu’un jour tu as sali ta robe blanche toute neuve, et que ta mère s’est énervée. Je sais aussi que tu aimes tout ce qui est salé, le sucré un peu moins, et l’amer pas du tout. Ta couleur préférée, c’est le vert mousse. Et ton odeur fétiche, c’est celle de l’océan, parce qu’elle te rappelle ta petite enfance, quand tu te jetais dedans.
Je reste choquée un long moment, transpirante, haletante.
— Alors ? continue-t-il gravement. Comment je peux savoir tout ça, si on ne se connaît pas ?
Je panique, comment peut-il connaître tous ces détails intimes ? Je veux partir mais je n’y arrive pas, je veux crier mais je n’y arrive pas, je veux le frapper mais je n’y arrive pas. À la place, je chuchote dans un sanglot :
— Comment sais-tu tout ça ?
Il place ses mains sur ma gorge, là où pulse mon cœur qui bat bien trop vite. Il est à l’agonie celui-là et je sens qu’il se débat, paniqué par l’émotion qui le submerge. Des larmes coulent, et Ethan les chasse avec ses pouces avant de me répondre :
— C’est toi qui me l’as dit.
Lily : la belle fille perdue.
Ethan : le garçon en colère.
Les lignes : les entailles qui vont les ramener à la vie.


« Je n’aurai jamais voulu d’une vie sans toi. »
Les mots sont posés tel une démarcation, une séparation entre deux mondes. Une frontière entre le réel et une chimère. Les lignes tracées par Isabel dans ce nouveau roman n’ont rien d’éphémère, elles sont le trait continu de l’histoire, tantôt de façon discontinu, telles des arabesques, tantôt des alignements nous montrant directement la direction vers laquelle avancer.
Elles sont devenues un repère, un rappel du chemin à suivre. Mais toutes ses lignes que la vie peut nous montrer nous donne t-elle le chemin tracé de notre destiné ?
Ces deux âmes sont cette histoire.
C’est le sillon d’un jeune homme qui est en perpétuelle recherche et celui d’une jeune femme qui erre après plusieurs intersections.
Il est l’attente. Elle est son monde sans le savoir.
En lisant ses pages j’ai eu une sensation bizarre… comme si une bulle enfermée nos deux personnages, comme si j’avais peur de rentrer et de faire exploser leurs moments si précieux. On finit par les regarder de l’extérieur à voir la beauté de leurs sentiments et des mots qui se sont écoulés pour nous les montrer.
J’ai beaucoup aimé le personnage masculin. Complexe, mélancolique, expressif. Il domine superbement le roman. Une sensibilité franche émane de Ethan, et sa direction toute tracée ne l’a rendu que plus agressif.
Elle, c’est l’aboutissement. Le point final a tout cela. Lily est peut-être la clef à toute cette lutte permanente. La facette secrète de ce personnage a été selon moi le fil rouge de ma lecture. C’est une femme perdue autant physiquement que mentalement.

« Elle a embrassé chacune de mes larmes, les a repoussées, jusqu’à ce que mes joues soient de nouveau sèches. »
La ligne de conduite de ce roman est bien menée. Les mots sont encore posés avec délicatesse et poésie.
La tendresse qui découle de ses lignes m’a touché. L’émotion qui se dégage au fur et à mesure entre tout les membres de la famille de Ethan sont poignants.
Isabel m’a de nouveau transporté dans son monde ou l’amour existe encore, ou l’espoir est la vie. Merci encore à toi pour ta confiance en espérant que mes mots ont réussi à transmettre ce que j’ai pu ressentir durant ma lecture.
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