« Jeu vespéral » par Angel Arekin.

Et si se désirer était un crime ?

Hannah et Laurent salement d’un amour fusionnel, d’un amour destructeur, mais refusent d’assouvir leur désir l’un pour l’autre.

Au siècle des lumières et des libertinages, ils libèrent leurs désirs et leur frustration en plongeant toujours plus profondément dans les dérives. Mais leur amour les obsède. Ne pas l’apaiser devient une lente torture que Laurent transforme peu à peu en jeu. « Gémis, Hannah », puisque c’est tout ce qu’elle peut lui donne, pour ne pas sombrer dans le vice et la volupté. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? S’aimer est-il un crime ? Se désirer à ce point est-il encore humain ?

Des pas semblent se rapprocher de la chambre où ils s’étreignent. Des pas qu’ils craignent et espèrent. Des pas qui peuvent les détruire. Comme autrefois…

Avis

« Aimer ce qu’aime Laurent. Toucher ce que touche Laurent. Détester, chérir, vouloir à travers lui. N’est-ce pas mon seul choix possible ? Le seul que j’ai le droit de m’autoriser ? »

En ouvrant ce livre attendez-vous à vous nicher dans une époque de libre penseur, aguichante, vicieuse, immorale et dissolue.

Les pensées de l’auteur ainsi que l’histoire qu’elle a mise en lumière se compose de deux parties : La découverte de cet univers lascif et les explications du passé des personnages.

Le lecteur fait connaissance avec Hannah et Laurent. Deux compagnons de route qui se complaisent dans les vices de la vie, du désir du corps et de la jouissance.

Ses gémissements à elle habitent les pensées de cet homme charmant et bien vêtu. Laurent se nourrit de ses expressions d’ardeur du visage de sa belle, ceux qu’elle lui offre comme marque d’amour et de confiance. Cet attrait depuis bien longtemps existant et pourtant non assumé se transforme en boulimie d’avidité, de fantasme. Il ne peut pas étancher sa soif car ils ont fait ce vœu il y a fort longtemps…

Mais Laurent et Hannah jouent à un jeu bien dangereux. Evoluant dans une sphère frivole, où le corps est aussi libre que la pensée, où la convoitise peut faire grandir la jalousie, l’appétence, cette tendance à se porter vers cette satisfaction aux penchants naturels … ils ne peuvent que se perdre sur ce chemin rythmé de soupirs et de caresses.

Cette histoire est déconcertante, inattendue et singulière. C’est le premier livre de l’auteur où j’ai ressenti le plus de résistance car plus complexe en terme de vocabulaire et de psychologie au niveau des personnages tous confondus, que ce soit les principaux ou les secondaires. On voit que Angel a effectué un travail monstre sur le fond et la forme de Jeu Vespéral. Le lecteur s’immerge complétement dans les années 1700 et dans le vice du libertinage.

Moi qui ne connais rien de ces années là, j’ai découvert et appris avec une certaine curiosité cet entre-deux, entre vertu, perversité mais aussi la liberté du corps et de l’esprit.

Laurent et Hannah sont deux êtres très torturés jouissant de la vie pour dissimuler leurs mal-être. On distinct que les années qui ont permis de les faire grandir ont su émettre à leurs corps et à leurs esprits une perdition et des excès qu’ils ne peuvent refouler. 

Cette attirance si bien maîtrisée par l’auteur montre un désir qui ne cesse de grandir. L’un et l’autre ont soif de leur souffle, de leur tendresse, de leur touché. On les voit lutter constamment contre cette envie de se laisser aller à cette fascination qu’ils ont pour un corps qui leur est interdit. Il émane d’eux une souffrance qui ne peut que nous attendrir…

Il y a toujours ce côté torturé des personnages de l’auteur qui m’attire impunément. Certains personnages dont un en particulier, dont je tairais le nom pour ne pas spoiler qui porte en son sein une face néfaste, immorale et corrompue … mais à mes yeux c’est un homme qui a su me toucher étonnamment. Il est un paradoxe à lui-seul. On ressent son amour pour Hannah et Laurent, mais aussi cette jalousie qui le fait bouillir et le faire sortir de ses travers de libertin. Il va commettre des actes immondes qui ne sont pas pardonnables sans doute, mais en tout cas on comprend ses blessures, sa passion, ses supplices que font naître l’affection et les sentiments qui se bousculent en lui.

« Jeu Vespéral » est pour moi un petit ovni. Une histoire insaisissable et perturbante qui pousse le lecteur à se remettre en question. Le thème abordé est vraiment intéressant et nous offre une histoire remarquable et spéciale.

C’est un livre que je ne pourrai pas mettre dans une case en particulier.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s